La voix est un instrument très spécifique. En plus de nous permettre de communiquer, elle transmet également bien plus que des paroles : de l’émotion. Joie, tristesse, peur, inquiétude…
Musicalement parlant, on peut résumer ses principales caractéristiques de la manière suivante :
- Large couverture du spectre sonore, de la même manière que le piano,
- Grande vélocité, pouvant aller du chuchotement au cri puissant,
- Timbre unique, propre à chaque être humain… ce qui fait la beauté de cet instrument !
Tant de paramètres à prendre en compte lors de l’enregistrement. Et pourtant, si vous deviez vous focaliser sur un seul instrument lors de votre session, ce serait bien la voix. En fait, la différence majeure entre un studio professionnel et un home studio se situe dans l’enregistrement des voix : qualité acoustique de la pièce, présence ou non de réverbération naturelle, calage, justesse, etc. sont autant de paramètres pouvant jouer sur le rendu final ! 😊
Vous trouverez donc mes 9 conseils pour bien enregistrer des voix en home studio.
Ne pas négliger l’échauffement
Cela peut sembler évident, mais je le place quand même en première position. La voix étant un instrument très complexe, elle nécessite à minima un sérieux échauffement pour pouvoir libérer tout son potentiel. Ceci concerne aussi bien les voix claires que les voix criées.
Le chanteur doit être échauffé, concentré et détendu. Le simple fait d’être distrait (évènements, problèmes personnels, etc.) influera certainement sur la voix, et de manière beaucoup plus flagrante pour les chanteurs non expérimentés, qui possèdent un moins bon contrôle de leur appareil vocal. Un bon échauffement devrait durer environ 15 à 30 minutes maximum, pas plus longtemps pour ne pas fatiguer la voix avant les quelques prises de test puis d’enregistrement.
Soutien-Projection-Justesse
Retenez bien cet ensemble. Après son échauffement, le chanteur doit être en mesure d’appliquer ces 3 éléments cruciaux :
- Le soutien : un bon soutien de toute la ceinture abdominale va permettre un bon contrôle de la respiration et du souffle,
- La projection : le chant doit passer et être poussé par le diaphragme, permettant de diminuer la fatigue de la gorge,
- La justesse : ce point se situe en dernier, car aujourd’hui appliquer une légère correction de tonalité est à la portée de tous, même si c’est mieux de faire sans…
Ces deux premiers conseils permettent déjà de grandement améliorer vos prises. Veuillez donc bien faire attention à cela. 😉
Sélectionner une pièce suffisamment traitée
Choisissez judicieusement le lieu de la prise. Le meilleur endroit étant dans une pièce traitée acoustiquement. En évitant les problèmes de réflexions fréquentielles, cela vous assurera une captation la plus neutre possible pour la traiter en phase de mixage.
Bien évidemment, dans le cadre d’un home studio, il est probable que votre pièce ne soit pas forcément traitée. La solution est donc d’utiliser un micro à bobine dynamique comme le classique Shure SM7B, beaucoup moins réceptif aux imperfections de votre lieu.
Effectuez quelques prises d’essai afin d’écouter si des bruits parasites sont captés et si la réverbération naturelle de la pièce est audible.
Choisir le bon micro
Pour ce point, je vous redirige vers mon article bien plus complet qui vous permettra de déterminer quel micro sera le plus apte à enregistrer vos voix. 🙂

Opter pour un positionnement adapté
La voix est un signal complexe occupant un large spectre fréquentiel. Certaines bandes de fréquences peuvent être plus ou moins marquées selon la voix du chanteur, complexifiant le mixage. Par conséquent, pour vous faciliter la tâche, vous pouvez jouer sur le positionnement du micro pour pré-traiter certaines fréquences.
En modulant la hauteur du micro :
- Plus la capsule est à la hauteur du nez, plus vous aurez de fréquences médiums/graves,
- Plus la capsule est vers la lèvre du bas, plus vous aurez de fréquences aigues, le palais les renvoyant vers le bas.
En modulant l’orientation du micro :
- Plus la capsule sera en face du chanteur, plus la prise sera brute, avec une forte présence naturelle des plosives (“P” et “B”) et des fréquences sifflantes (“S” et respirations),
- Plus la capsule sera hors axe, plus vous éviterez les défauts cités juste au-dessus, avec une réduction des hautes fréquences.
En modulant la distance entre le chanteur et le micro :
- Plus le micro sera proche des lèvres, plus vous aurez un effet de proximité mais aussi un risque d’avoir plus de fréquences sifflantes. Attention aux micros dynamiques qui ont tendance à charger les basses fréquences lorsque le chanteur est trop proche,
- Plus le micro sera éloigné, moins vous aurez cet effet de proximité mais également moins de gain, ce qui vous forcerait à l’augmenter sur votre préampli. Ce qui nous amène au conseil suivant…
Bien ajuster le gain
Comme vu précédemment, tout est finalement question d’équilibre. Vous devez trouver l’équilibre entre le bruit et le gain. Lorsque vous augmentez ce dernier, vous haussez les bruits parasites et vous vous exposez au risque d’écrêter votre prise. Mais votre enregistrement doit également avoir assez de gain pour pouvoir être traité.
Vous devez donc trouver un bon compromis, en agissant sur le gain d’entrée, le positionnement et la distance du micro par rapport au chanteur.
Adapter le casque au type de micro
Selon la technologie de micro que vous aurez choisi, vous devrez adapter le casque utilisé par le chanteur.
Si vous optez pour un micro à condensateur, préférez l’utilisation d’un casque fermé pour éviter la repisse dans l’enregistrement. En revanche, avec un micro dynamique, vous pouvez utiliser un casque semi-ouvert, si telle est la préférence du chanteur (possibilité pour lui de mieux « s’entendre »).

Les accessoires de base… indispensables !
Comme précisé dans mon article sur les microphones pour home studio, vous aurez besoin d’un :
- Filtre anti-pop pour réduire l’impact des plosives,
- Support à ressort pour atténuer les vibrations,
- Pied de micro,
- Câble XLR suffisamment long pour faciliter le positionnement et le déplacement de votre setup lors des tests.
Privilégier l’enregistrement sans effets en insert
Enfin, pour clôturer cet article, je voulais ajouter une remarque sur les effets appliqués à la piste. En effet, certains chanteurs peuvent préférer entendre leur voix pré-mixée lorsqu’ils s’enregistrent. Ceci leur permettrait de mieux se mettre dans l’ambiance.
C’est parfaitement réalisable si vous faites attention à ne pas mettre ces effets en insert. Lorsque vous mettez des effets en insert, et tant qu’ils sont activés, toute piste enregistrée en bénéficiera et ne sera plus brute. Je vous conseille donc d’enregistrer uniquement des pistes brutes, pour ensuite les traiter à la phase de mixage.
Si le chanteur souhaite avoir sa voix pré-mixée, alors mettez vos effets sur le canal de monitoring.

Avec ces 9 conseils, vous pourrez sensiblement améliorer la qualité de vos enregistrements de voix ! 🙂